La marge

J’avais écrit dans un de mes cahiers « 2020 sera fucking awesome ». Faut croire que mon intuition était un peu off.

En février, j’avais un plan de sortie. Encore une fois, j’avais fait l’erreur d’en prendre trop. De ne pas dire non, de me laisser embourber. J’étais brûlée, j’allais quitter. Je voulais juste me mettre en boule et avoir un break du monde.

Puis, je me souviens d’un commentaire un peu insouciant d’une collègue sur le virus autour de la machine à café un matin en entrant au travail. Quelques jours plus tard, on était tous confiné à la maison. Moi qui avais tant souhaité une pause, le début de confinement avait un goût résolument excitant. Mon petit côté survivaliste avait prévu le coup, j’avais ce qu’il faut pour que ma petite famille tienne un mois. J’étais prête à me cacher dans la marge.

Mais le monde n’a pas arrêté de tourner. Et mon quotidien est devenu une bouillie entremêlée de rencontres en ligne, de gestion de crise, de supervision de classe en ligne pour les enfants et de beaucoup trop de monde dans un 4 et demi. Et les maudits repas, encore et toujours. Le temps d’en régler un et de reprendre le contrôle sur la cuisine, c’était déjà l’heure du suivant.

Au travail, j’ai pris sur moi et j’ai tout donné. Parce que les gens avaient besoin, parce que c’était un domaine si délicat, si essentiel. On a encore innové et j’y ai mis du coeur.

Au mois de novembre, j’avais réalisé ma vision et je tenais avec de la broche. C’est là que j’ai finalement tiré ma révérence, plus vide que vide.

Laisser un commentaire